Le mot du mois

de juillet  -  août 2019

LAUDATO SI

 

45°9. Record absolu du thermomètre en France.

Il a été battu aujourd’hui. Sans doute cette canicule ne sera pas aussi longue que celle de 2003, mais on n’en a jamais vue de telle dès le mois de juin. Et on nous promet d’autres records dans bien peu d’ années…
En prémisse de la « nuit des églises », consacrée chez nous au thème de l’eau, nous venons de faire le tour des quelques fontaines qui restent à Blotzheim. Il y en avait une trentaine il y a quelques années, avec une source qui alimentait pratiquement toute la région. Mais la belle histoire de l’eau à Blotzheim s’achève aujourd’hui dans un constat bien alarmant : l’eau de toutes ces sources est non potable, polluée par les pesticides et les engrais et Blotzheim fait partie des 19 villages les plus pollués du Sundgau.

Quand on demande aujourd’hui à nos enfants et à nos jeunes quelles sont les questions qui les passionnent, l’écologie vient en tête, et de très loin, devant quelques autres comme les migrations… Sommes-nous prêts à regarder aussi loin que nos enfants et à partager « leur souci légitime » ?


Pour préparer mes prédications de l’été, j’ai parcouru tous les évangiles des dimanches. Nous sommes dans les chapitres 10 à 19 de Saint Luc : Jésus a pris résolument le chemin de Jérusalem et il nous invite à le suivre, à faire nôtre sa passion, qui est aussi celle de nos enfants, car il s’agit très exactement du salut de l’humanité. Il va jusqu’à donner sa vie. Il y a, j’en suis sûr, une formidable synergie entre sa passion et celle à laquelle nous convoquent les défis de notre temps, entre son chemin et celui que nous pressent de prendre les plus éclairés des humains de notre temps, de prise de conscience en conversion, de la mort à la vie. « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,11).

«Il faut sauver la maison terre, notre maison commune». C’est le cri du pape François tout long de sa magnifique Encyclique Laudato Si. Prenons-la donc, avec Luc 10-19, comme notre lecture de l’été, notre devoir de vacances commun. Je vous invite vraiment à l’acquérir, sur internet, en librairie, au fond de votre église… et à la lire. J’en commenterai un aspect lors de chaque prédication dominicale et dans les enseignements envoyés aux membres des maisons d’Evangile.

Pourquoi la lire ? Parce que François, à son habitude, ne manie pas la langue de bois et que, fait très rare, il adresse son texte à l’humanité entière qui l’a d’ailleurs accueilli avec beaucoup de considération. Parce qu’il voit clair et relie la catastrophe écologique au fossé social grandissant entre les riches et les pauvres. Parce que la lutte contre ce que François appelle la culture du déchet par une véritable conversion écologique est juste et urgente. Parce qu’il pourrait nous convaincre que le salut n’est pas une affaire de milliards, mais de gouttes d’eau qui font une grande rivière. Parce que les concepts essentiels qu’il dégage, tel celui d’écologie intégrale, semblent opératoires. Et… parce que la paroisse de Blotzheim a eu la super idée de nous offrir les merveilleuses photos de Yan Arthus Bertrand, exposées dans son église, pour soutenir notre méditation.

« Laudato si o mi Signore ». Bel été à tous.

P. Jean-Pierre



 

Espace de conscientisation

place centrale de Blotzheim