Les Evangiles du Temps pascal

4e dimanche de Pâques 2020 -A-

 

 

« Moi, un berger ? »

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10,1-11)

 

En ce temps-là, Jésus déclara :
« Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête,
et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

 

 

« Moi, un berger ? »

 

Chers amis jeunes,

Je suis certain que votre papa ou votre maman vous a déjà demandé : « Je dois sortir faire une course. STP, veille sur ta petite sœur ou sur ton petit frère… » Et vous vous êtes sentis devenir quelqu’un de très important ! Mais c’est exactement ce que le Seigneur Jésus vous explique et vous demande dans la belle histoire d’Evangile que vous venez d’entendre… une des plus belles !

Tu te dis peut-être : « Oh, mais il n’y a ni moutons, ni bergers ni bergeries par chez nous… ». Jésus évidemment voyait cela chaque jours et plein d’amis à lui étaient bergers dans les collines de Nazareth. Mais je suis sûr que plein d’expériences dans ta propre vie à toi te permettent de comprendre avec le cœur la grande vérité que Jésus veut nous nous enseigner : quand tu veilles sur ton petit frère… ou sur ton petit chat… ou sur cette belle fleur qui a poussé dans ton jardin, alors ton cœur est parfaitement heureux, car il fait pour cela. Dieu nous a créé avec un cœur à l’image du sien, un cœur de berger. Beaucoup de personnes veillent sur toi comme des bergers et tu es bien content de cela… mais tu es aussi appelé à devenir berger, appelé à te donner, à te consacrer à aider, soigner, servir. C’est ta vocation, notre vocation à tous.

Le moment si difficile que nous traversons avec ce méchant virus te donne encore plus l’occasion de comprendre et de vérifier cela : tous les soirs à 20h, nous sortons et nous applaudissons les soignants, les médecins… et bien d’autres encore que nous avons peut-être un peu méprisé avant… et que nous découvrons maintenant comme des personnes qui nous rendent des services irremplaçables… Avant nous avons cru un peu facilement que nous avions tout ce qu’il nous fallait… qu’on n’avait pas trop besoin des autres… Et voilà que nous découvrons que bien des « bergers » veillent sur nous… et que nous sommes nous aussi, chacun, appelés à apprendre, à développer nos talents pour devenir bergers à notre tour.

 

Bon, bon, je vois la question qui te fait gigoter : des bergers, d’accord… mais il ne faudrait pas trop nous prendre pour des moutons : Bê… qui font bê ! C’est vrai que, depuis le début du confinement, mais c’était peut-être un peu nécessaire, on nous a pris un peu comme de gentils moutons… On nous a même appris à nous laver les mains ! Alors, voilà, c’est vrai… ce n’est ni facile d’être une bonne brebis ni facile d’être un bon berger. Nous voudrions que tous les hommes politiques, les professeurs, les parents, les prêtres… tous ceux qui veillent sur nous soient tous de super bergers qui nous respectent et nous aident vraiment…

Alors, je te propose de regarder notre Seigneur Jésus. Lui il n’est pas seulement un berger, mais c’est Le Bon Berger.

 

Ecoutons bien l’Evangile d’aujourd’hui. Je crois qu’il nous y communique l’un ou l’autre secret pour être un bon berger :

  • Il dit d’abord que le bon berger entre dans la bergerie.Cela veut dire qu’il ne reste pas dehors, au loin, à l’abri… comme certains dans leurs bureaux bien loin du terrain. Le bon berger, c’est celui qui se fait proche, qui, comme on dit, vient mettre la main dans le cambouis. Il se mouille la chemise…Il se fait solidaire. A la manière, des infirmières… il prend le risque d’attraper lui aussi le virus… Jésus ajoute qu’il entre par la porte… Il ne vient pas comme un voleur… Il ne vient pas pour se servir, mais pour servir et donner de lui-même…

 

  • Jésus ajoute que le bon berger connaît ses brebis qui, elles aussi, reconnaissent sa voix. Il n’est pas un étranger qui ne s’intéresse pas vraiment à ce qui leur arrive. Il y a là tout le secret d’une amitié, d’une complicité, d’une confiance mutuelle… C’est ça, le vrai bonheur… On s’aime bien, au point de se pardonner mutuellement ses défauts… comme, malgré les chamailleries, entre frères et sœurs…

 

  • Mais ce n’est pas tout. On n’est pas fait pour rester enfermés dans la bergerie… pour rester confinés… Le bon berger est celui qui ouvre grandes les portes. Il fait sortir ses brebis. Et il marche à leur tête. Non pas pour qu’on le suive bêlement… mais pour conduire ses brebis vers la Vie… et pour cela il est prêt à affronter tous les dangers… jusqu’à donner sa vie pour elles.

 

Solidarité, amitié et courage, voilà peut-être les 3 qualités du bon pasteur.

 

Prions pour que chacun de nous, en contemplant Jésus notre Bon Pasteur, trouve sa vocation, l’appel unique qui n’est adressé qu’à lui personnellement et où il pourra donner le meilleur de lui-même.

 

Prions pour les vocations dans l’Eglise, mais aussi dans la Société.

 

Prions les uns pour les autres pour que nous soyons, dans ces moments difficiles que nous vivons actuellement, de bons bergers qui veillent les uns sur les autres.